Les 18-34 ans, une génération d’entrepreneurs ?

25 Oct 2016

Les Français, la création d’entreprise et le travail indépendant Observatoire de l’Auto-Entrepreneuriat OpinionWay pour l’Union des Auto-Entrepreneurs avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires à l’occasion du 2ème Salon des Entrepreneurs Marseille Provence-Alpes-Côte d’Azur

Alors que les derniers chiffres publiés par l’INSEE* montrent que près d’une création sur deux se fait en auto-entreprise et que 54% de ceux qui démarrent en font leur activité principale, l’Observatoire de l’Auto-Entrepreneuriat* confirme cette tendance, beaucoup plus marquée chez les 18-34 ans.

Les jeunes, majoritairement attirés par le travail indépendant

L’envie de créer des Français, bien qu’en léger recul par rapport à janvier 2016 (où une hausse sans précédent avait été enregistrée), reste avec 30% à un très haut niveau. On constate également que les projets sont plus concrets et à court terme puisque les Français qui envisagent de créer ou de reprendre une entreprise sont 47% à les envisager à moins de deux ans (+13 points1 par rapport à janvier 2016) et que leur niveau de préparation lui aussi s’améliore (+11 points1 par rapport à janvier 2016).

Mais c’est l’envie de créer des jeunes générations qui constitue le fait le plus marquant de l’étude, atteignant des niveaux records chez les 18-24 ans. 62% d’entre eux ont envie de créer leur entreprise, d’en reprendre une ou de se mettre à leur compte, 46% chez les 25-34 ans.

Au chapitre des statuts envisagés, ils sont beaucoup plus nombreux que leurs aînés à envisager l’auto-entrepreneuriat et la multi-activité : 37% des jeunes âgés de moins de 35 ans déclarent vouloir s’orienter vers le statut d’auto-entrepreneur/indépendant, pour en moyenne 26% des actifs.

Ces projections viennent confirmer les chiffres INSEE² sur les créations 2014 : les moins de 30 ans sont plus présents parmi les auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 (30% après 27% en 2010 et 25% des créateurs individuels classiques de 2014).

Pour François Hurel, Président de l’Union des Auto-Entrepreneurs « On assiste à une révolution du travail. La vision, les attentes et les projets des jeunes en matière d’évolution professionnelle n’ont rien en commun avec ceux des générations précédentes. La pluri-activité, l’aménagement des rythmes de travail, l’essor du collaboratif mais aussi une forme de rejet du salariat que le chômage a contribué à faire émerger… sont autant d’aiguillons de cette révolution ».

Le regard des français sur les auto-entrepreneurs change

Les auto-entrepreneurs sont rentrés dans la vie des Français : 30% des Français ont eu recours à un auto-entrepreneur (+11 points depuis novembre 2015), 26% à une plateforme collaborative faisant appel à des auto-entrepreneurs (transport, livraison de nourriture, Amazon, etc. …). 39% des jeunes âgés de 18 à 24 ans et, plus largement, 31% des jeunes de moins de 35 ans y ont eu recours.  Au total, 42% des Français ont déjà eu recours à un auto-entrepreneur de manière directe ou indirecte via une plateforme collaborative, 46% des jeunes de 18 à 24 ans.

Cette proximité de la population avec les auto-entrepreneurs, à laquelle s’ajoute le fait que 2 millions d’actifs sont passés eux-mêmes par ce statut, expliquent sans doute l’image positive qu’en ont les Français. Les deux opinions qui se détachent sur l’auto-entrepreneuriat illustrent ainsi les deux facettes du régime, à la fois opportunité de sortir du chômage, d’exercer une activité (86%) et tremplin vers la création d’entreprise, moyen de tester un marché (84%).

Parmi les moteurs du choix de ce statut, arrive en tête la souplesse dans la gestion de ses tâches (possibilité de cumuler plusieurs activités…) pour 44%, devant l’absence de système hiérarchique (43%), la simplicité d’accéder à ce régime et de devenir indépendant (39%), le pourcentage des cotisations sociales à payer uniquement sur le chiffre d’affaires encaissé (36%). 17% citent l’absence de monotonie (20% parmi les moins de 35 ans, dont 21% parmi les 25-34 ans) et 15% la capacité de ce régime à s’inscrire dans les nouveaux modes de consommation et d’achats en ligne (20% parmi les jeunes âgés de 18 à 24 ans).

L’auto-entreprise AU cœur DES DÉBATS : quelles perspectives ?

L’auto-entreprise est au cœur de deux débats d’actualité sur lesquels l’enquête a fait un focus : l’accès des auto-entrepreneurs à certains secteurs et les mises en cause des plateformes ayant recours aux indépendants.
Une très large majorité de Français (85%) est favorable  à ce que le secteur de l’artisanat s’ouvre au travail indépendant (90% chez les 18-24 ans, 86% chez les 25-34 ans, 88% des moins de 35 ans), mais aussi d’autres secteurs auxquels on pense moins et qui commencent à être investis pas ces indépendants : les secteurs des activités de sport et nature (coach sportif, entraîneurs, accompagnateurs, professeurs, animateurs…) et de tourisme (guides interprètes, chambres d’hôtes, activités touristiques) cités tous deux par 83% des personnes interrogées, mais aussi le secteur social (éducateurs spécialisés, assistantes sociales …) cité par 63%.

Sur le sujet du recours par les plateformes de services sur internet (Uber par exemple) au travail indépendant, une majorité de Français estime que l’on ne traite pas le vrai problème en attaquant en justice ces plateformes sur le motif de salariat déguisé. Ils pensent à 55% qu’il faudrait procéder à une convergence de notre protection sociale pour permettre aux travailleurs indépendants d’être aussi bien protégés que des salariés. 12% des Français désapprouvent clairement ces actions en justice et estiment que ces groupes permettent à de nombreuses personnes de créer de l’activité (18% des moins de 35 ans).

C’est d’ailleurs dans ce domaine que se situent les principaux axes d’amélioration du régime. Si les Français pointent à 52% l‘incertitude sur le revenu et à 43% la lourdeur administrative comme les deux premiers freins, ils sont 36% à déplorer que le statut ne soit pas suffisamment reconnu et rende plus difficile l’accès au logement, l’obtention d’un crédit ou l’ouverture d’un compte bancaire, juste avant l’absence de couverture chômage (pour 34%).

Pour François Hurel « Résumer l’auto-entrepreneuriat au travail via les plateformes est une erreur. D’abord parce que l’économie collaborative ne se limite heureusement pas aux plateformes qui fixent les tarifs. Ensuite parce que l’auto-entreprise est un statut qui fédère les projets les plus divers, dont environ un tiers servent de tremplin à des créations de société. Dans ce cadre, vouloir traiter la question de la protection sociale à travers les plateformes est un non-sens ».

Sources :

1 Sondage OpinionWay pour l’UAE à l’occasion du Salon des Entrepreneurs de Paris 2016

² Chiffres INSEE 2016 sur les auto-entrepreneurs immatriculés en 2014

 

MÉTHODOLOGIE

Sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1040 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, interrogés par Internet, sur système CAWI, entre le 20 et le 22 septembre 2016.

Toute publication totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète suivante : « Sondage OpinionWay réalisé pour l’UAE et la Fondation Le Roch Les Mousquetaires à l’occasion du Salon des Entrepreneurs Marseille Provence-Alpes-Côte d’Azur ».